Saison 1999 - 2000 

 du 10/06/2000

Graine de champions à l'ASC Boxe Française

Des poussins aux cadets, tous prêts à défendre les couleurs de l'ASC Boxe Française !

    Le club de l'ASC Boxe Française à Etouvie a été classé meilleur club de France pour les jeunes de moins de 18 ans. La ligue de Picardie a donc offert dix survêtements aux jeunes pour avoir si bien défendu les couleurs de la ville et de la Picardie au niveau national. Leïla Bouzlafa a décroché le titre de championne de France minimes pour les moins de 66 Kg.
En catégorie benjamins, le club compte quatre champions de France qui sont : Ahmed Azad, Laura Oudji, Claudine Robalo et Kelly Bounous.
   Les licenciés participeront à la grande démonstration lors du gala du 10 juin, organisé par le club au cirque municipal d'Amiens où ils seront les premiers supporters de leur entraîneur Bouziane Oudji qui combattra pour le titre de champion de France professionnel de boxe anglaise.



 du 24/05/2000

Histoire un club de quartier entier

Implanté à Etouvie, l'Amiens S.C. Boxe Française est un club de quartier dont les valeurs sociales et éducatives méritent le détour, de même que son président Mohamed Oudji.
   « C'est bien ce que vous faites ». Mohamed Oudji ne compte plus le nombre de fois qu'il a entendu ce compliment. « C'est bien ce que vous faites » avec une petite tape sur l'épaule et la sensation bizarre que les gens écoutent sans vraiment l'écouter.
   Histoire de rester poli, histoire de lui demander de continuer à bosser en silence dans le quartier d'Etouvie. Une petite ville dans une ville où se dresse depuis le 22 février 1999 la superbe salle de  boxe de l'Amiens S.C. Boxe Française.
   Un petit bonheur, un petit arc-en-ciel dans un quartier où Mohamed a commencé la boxe française en 1977 : « C'était au C.S.C. Etouvie, on était 26 licenciés. Maintenant, on est à plus de 160 de toutes les nationalités et 60 % des licenciés sont extérieurs au quartier. J'y tiens et ils viennent de Montdidier, Picquigny, Moreuil ou Ailly-sur-Somme. Je ne voulais pas de ghetto, car on apprend avec la mixité. »
   Du black, du blanc, du beur, le mélange de cultures, le mélange de genres, Mohamed Oudji en redemande et passe comme il dit « 80 % de son temps à convaincre » alors que son club à des résultats. Un club structuré dans les moindres détails : « On est le premier club de Picardie en nombre de licenciés. On tourne avec un budget de 150000 F. et on a deux emplois jeunes qui s’occupent de la partie administrative et sportive : Mary Prévost et Rachid Bouzlafa. On demande environ 350 F. pour la licence et il y a quatre cours par semaine sans compter les

compétitions. On a calculé que cela revenait à deux francs de cotisation par semaine, à raison d'une heure et demie d'entraînement. »

Un club convivial

   Boxeur, éducateur, entraîneur, président depuis deux ans, Mohamed a grandi dans un club où il est le garant de certaines valeurs : « 50 % de notre budget est consacré à la formation et trois B.E. ont été formés cette année sachant qu'une telle formation vaut 5000 F. par personne. » Entre le soutien scolaire apporté aux enfants en difficulté et le service de sécurité assuré lors de certaines fêtes de quartiers ou de manifestations sportives, l'Amiens S.C. Boxe Française trace sa route tranquillement avec force et conviction en tenant un rôle social. « Tous les mois, il y a une soirée à thèmes et il n'y a pas un enfant dont les parents ne soient pas impliqués dans le club. S'il n'y avait pas d’âme au club, je resterais chez moi et je ne voudrais surtout pas que l’élite du club nuise à sa convivialité, sinon on se casserait la gueule. On a des fondations solides et je ne suis pas

inquiet pour l'avenir. On m'avait proposé d'installer le club en plein centre-ville, mais j'ai refusé. La facilité, par définition, c'est facile et j'ai préféré rester sur le quartier. Ici, les parents sont chez eux et un jour l'un d'entre eux est venu me voir pour inscrire son enfant qui faisait du hockey sur glace. Cela lui revenait à 40 000 F. par an alors que chez nous, il paye 350 F. avec un voyage offert en fin d'année. »
   Mohamed ne cache pas ses états d’âme et s'appuie sur du concret pour plaider sa cause, ses causes, dont la finale du  Tournoi de France que disputera son frère Bouziane en super plume : « Ce sera le 10 juin à Amiens et il faut 120000 F. et on les trouvera, quitte à ce que j'en mette de ma poche. » Et il fera sans compter : « je le ferai parce que je crois en quelque chose et je ne m'inquiète pas. La reconnaissance se fait sur le travail fourni et pas des « ils ont dit ». C'est ce que je répète souvent aux enfants : travaillez, donnez-vous de la peine, ça finit toujours par payer. » Quitte à s'entendre dire : « C'est bien ce que vous faites ».

R. TOUAZI  



 du 23/02/2000


Mohamed Oudji
"Ancrés dans la vie des habitants d’Étouvie…"
Tirant l’ASC vers les sommets, Mohamed Oudji, outre l’aspect sportif, a su conférer à son club une véritable dimension sociale. Son rôle éducatif auprès des jeunes du quartier Étouvie est exemplaire. Il explique comment l’ASC Boxe Française est devenue une référence.



JDA : Lors d’un sondage réalisé auprès des jeunes, dans le quartier, à la question : "Quels sont, pour vous, les loisirs les plus valorisants?", la boxe arrive en deuxième position, détrônant ainsi le judo. Qu’est-ce qui, selon vous, lui assure une si grande notoriété?
Mohamed Oudji: Cela fait vingt ans que nous travaillons dans le quartier d’Étouvie pour aider les jeunes à mieux s’insérer socialement, nous commençons donc à être populaires. Notre dynamique se traduit par une forte fréquentation de nos adhérents qui participent avec assiduité aux entraînements quotidiens. Au club, les jeunes se reconnaissent et trouvent des motivations. Ça, c’est un message d’intégration. Mais attention : les jeunes encore scolarisés ne peuvent s’entraîner que s’ils ont fait leurs devoirs. Tout le monde y veille. Pour réussir, il faut travailler. Et ici, le succès sportif ne s’atteint pas au détriment de la scolarité. Et puis, si nous sommes populaires, c’est aussi grâce à nos champions qui sont l’emblème de la réussite.


Mohamed Oudji, président de l'ASC Boxe Française.

JDA: Avez-vous formé beaucoup de champions?
M. O.: Quelques-uns. Karim El Idrissi, Champion du monde, s’est entraîné ici de nombreuses années avant de rejoindre Amiens-Nord. Moktar Oudji a aussi été vice-Champion du monde, et son frère, Bouziane, possède déjà un grand palmarès : Champion d’Europe en boxe française, il est aussi professionnel en boxe anglaise. N’oublions pas Afid Tahiri, les frères Belhadi et Fethi Ben-Moktar qui sont tous de véritables exemples auprès des jeunes.

JDA: Des succès féminins, il n’y en a pas encore. Alors, une section féminine dans un sport réputé pour être machiste, c’était un défi?
M. O.: La section féminine est très récente, mais nos jeunes adhérentes promettent un franc succès dans les années à venir. Je pense que les femmes ont totalement leur place dans ce sport, même si faire admettre cela à tout le monde relève aussi du combat. Je n’ai jamais supporté la différence et l’exclusion. La création de cette section relevait donc un peu de l’anticonformisme, mais être un agitateur de mode me plaît assez. Elles sont très fortes et, surtout, indispensables, de par leur écoute et leur sensibilité, dans nos démarches auprès des jeunes.

JDA: Justement, en quoi consistent ces démarches? Quelles sont vos contributions au développement du quartier?
M. O.: En amont, avec la collaboration d’autres associations, nous organisons, chaque année, le bal du 14 juillet et la fête du quartier. Nous voulons être ancrés dans la vie des habitants d’Étouvie. C’est du développement de proximité. En aval, nous organisons, au sein même de l’ASC, différentes soirées à thèmes ouvertes aux adhérents, mais aussi aux Étouviens. Il est important d’humaniser le club. Ici, chacun a un rôle, et tout le monde l’assume. C’est avec cette accumulation de bonnes volontés que nous arrivons à l’aboutissement de nos projets.

JDA: Vous vous tenez au service des habitants du quartier, mais n’est-ce pas un peu paradoxal d’aider les jeunes en les éduquant à un sport violent?
M. O.: Absolument pas. Nous leur apprenons justement à maîtriser et à canaliser leur énergie. L’agressivité doit être positive et devenir un atout supplémentaire pour le combattant. Contrairement aux idées reçues, les combats se caractérisent par le fair-play et le respect de l’adversaire. C’est un rôle primordial pour cette discipline sportive. Et quand on dépense son énergie sur un ring, il n’y a plus de problème pour l’extérieur.

JDA: Former des champions, canaliser la violence, assurer un avenir aux jeunes… Quels sont les autres objectifs de l’ASC?

M. O.: Créer une section boxe anglaise et développer celle déjà existante. Surtout, rester encore et toujours plus au service des habitants du quartier.

JDA: Le Contrat de ville est actuellement en négociation avec l’État. En tant qu’acteur de la vie associative, qu’est-ce qui vous paraît être la priorité fondamentale dans ces propositions?
M. O.: Il ne faut surtout pas être en décalage avec les aspirations des citoyens. Ce que veulent les gens, c’est trouver un emploi. À peu près 27 % de la population du quartier est au chômage. Il faut à tout prix pousser à la création de commerces et de petites SARL. La priorité est donc évidemment économique avant d’être sportive.

                  Propos recueillis par Mary Prévost



  31/01/2000

 Boxe française : les Etouviens engrangent les titres

   La ligue de Picardie de boxe française, en partenariat avec le club d'Etouvie et l'association Aco'Dyn (BTS actions commerciales du lycée de la Hotoie), a organisé les championnats de Picardie des jeunes, qualificatifs pour les championnats de France. Dans une très bonne ambiance sportive, les jeunes d'Etouvie, soutenus par leur public, ont raflé tous les titres, excepté un qui a été remporté par Bertrand Langlois du club de Thourotte.
   Toutes les rencontres ont été jugées et arbitrées par les jeunes boxeurs des clubs

représentés, à la satisfaction de tous.
   Ont été sacrés champions de Picardie : Claudine Robalo, Farid Bouzlafa, Leila Bouzlafa, Samia Bouzlafa, Maxime Catel, Ahmed Azdad (meilleur benjamin du tournoi), Julien Dubuisson, Laura Oudji, Quentin Vermont, Mohamed Moussaid, Kelly Bounous et Mourad Baquadi, tous d'Etouvie. Olivier Maréchal, le président de la ligue, a remis toutes les coupes aux vainqueurs et s'est déclaré satisfait de ces championnats d'un très bon cru.


La boxe française exige de la souplesse, des réflexes et une bonne dose de fair-play.



  01/2000

Etouvie : la boxe leur va comme un gant

 

Au sein du club, les jeunes filles tiennent une vraie place, encouragées par la venue récente de Nancy Joseph, championne du monde.

 

A Etouvie, l'ASC boxe française est bien dans son quartier. Peut-être parce que dans ce club, on ne fait pas que boxer justement...
   Elle a bien changé la boxe française, du moins la vision que nous en avions : les policiers en caleçon de la série télévisée "Les brigades du tigre" en on fait pouffer plus d'un, mais tout cela , c'est loin.
   Ces policiers ont fait place à des enfants, des adolescents, des garçons et des filles et, à Etouvie, c'est dans une salle spécialement conçue à cet effet, et non plus dans un vieux gymnase aux allures de caserne, que l'on s'entraîne.
   Avec Bouziane Oudji en porte drapeau, cette discipline sportive prend un essor considérable, à tel point que le club est plus ressenti comme un acteur à part entière de la vie du quartier que comme un simple creuset de jeunes sportifs.
Grands rendez-vous
   Si l'entraînement reste évidemment prioritaire, le club, présidé par Mohamed

Oudji, organise aussi régulièrement des soirées à thème ou s'investit dans les festivités du 14 juillet.
   Dernièrement, deux emploi-jeunes sont venus renforcer ses effectifs : Bouziane Oudji et Rachid Bouzlafa s'occupent de l'encadrement des jeunes.
   Entre loisirs et compétition, plus de 250 adhérents fréquentent ainsi les rings d'Etouvie.
   Actuellement, ce sont les enfants qui travaillent assidûment ces jours-ci, en prévision des championnats interrégionnaux de boxe française qui se tiendront le 26 février dans le Nord.
   Côté boxe anglaise, Bouziane Oudji se rendra le 10 mars pour les quarts de finale du championnat de France, à Pont Sainte-Maxence.
   Une compétition qui vient à point pour le Président de l'ASC boxe  qui souhaite justement créer une section boxe anglaise au sein du club.
   Pour plus de renseignements, contacter le 03.22.43.30.64